SOMMAIRE

Un lemme

  • Soit  une matrice carrée d’ordre n dont tous les coefficients sont strictement positifs et tels que la somme des coefficients d’une ligne soit égale à 1.
  • Soit  la plus petite entrée de cette matrice.
  • Soit  et
  • Soit  et

 

Alors ;

 

Démonstration :

 Puisque  Nous pouvons interpréter chaque  comme la moyenne, pondérée par les coefficients  , des nombres . De plus l’un au moins des nombres  (par exemple celui de rang de p) est égal à  et donc :  inégalité obtenue en majorant tous les  (sauf ) par .

D’où : .

 

Or   et :  et finalement  ou encore :

 (1)

D’une manière analogue on démontre que :  (2)

Les inégalités (1) et (2) sont en particulier vérifiées pour le plus petit et plus grand  c’est à dire . Par conséquent :

Le lemme est ainsi démontré.

Le théorème fondamental

Si P est la matrice de transition d’une chaîne de Markov régulière (c’est à dire dont tous les coefficients sont strictement positifs), alors , W étant une matrice ayant toutes ses lignes identiques (ou ce qui revient au même toutes ses colonnes constantes).

Remarque : Le théorème reste valable pour des matrices non régulières mais dont l’une au moins des puissances est régulière.

Démonstration

Supposons que les états du processus soient : . Lorsque n=1, le théorème est trivial et nous supposerons . Soit y un vecteur colonne . Soient  et la plus grande (resp. la plus petite)  des valeurs du vecteur  est obtenu par  ou encore :

 

Puisque P est une matrice de transition, tous ses coefficients sont positifs et la somme d’une ligne de P est égale à 1 (car il s’agit d’une loi de probabilité sur l’ensemble des états). Ainsi, comme dans le lemme précédent, nous pouvons interpréter chaque coefficient de  comme une moyenne pondérée des . Cette moyenne est nécessairement comprise entre et  puisque les coefficients de P sont positifs. On en déduit donc :

. On a également :

La suite  étant décroissante et minorée par 0 sera convergente.

De même la suite  étant croissante majorée par  sera convergente.

On notant .

Montrons maintenant que M=m. Cette affirmation résulte directement du lemme précédent. En effet : .

Dans la mesure ou  (n étant l’ordre de la matrice P), nous aurons nécessairement  car dans le cas contraire, d étant le plus petit élément de P, la somme d’une ligne de P serait supérieure à 1. D’autre part la matrice P étant supposée régulière, nous avons . est alors clair que :  et donc :  ce qui achève la démonstration.

Remarquons pour terminer que chaque composante de  étant comprise entre , la limite est un vecteur dont toutes les composantes sont égales à m (ou M). De plus en choisissant au départ, un vecteur y dont la ième  des composantes est égale à 1 et les autres égales à 0, alors sera la ième colonne de . Ceci prouve que toutes les colonnes de  tendent vers un vecteur dont toutes les composantes sont identiques.